Entretien avec Jack Koch, ancien instituteur devenu illustrateur

CécileM
2 Mai 2018

Bonjour Jack, pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Bonjour, je suis Jack KOCH, j’ai 54 ans… je suis Alsacien et j’étais instituteur pendant 28 ans. Depuis 5 ans, je suis illustrateur après avoir démissionné de l’Education Nationale.

Comment êtes-vous devenu illustrateur ?

En fait, je dessine depuis toujours, depuis que je suis tout petit… c’était mon  passe-temps, j’ai toujours adoré ça. Je dessinais aussi beaucoup pour mes élèves en classe, et aussi pour mes collègues dans les écoles où j’étais.  Les dessins atterrissaient sur les panneaux dans les salles des maîtres, des classes, des couloirs…je dessinais tout ! Il y a 10 ans, j’ai publié une série de dessins que j’avais faits sur mon métier d’instituteur et que j’avais publiés sur un blog. Petit à petit, avec le bouche à oreille et  les réseaux sociaux, ça a pris de l’ampleur. Jusqu’à il y a 6, 7 ans, c’était devenu 2 métiers côte à côte, l’illustration et l’enseignement, et il a fallu choisir.

Vous vous-êtes donc beaucoup inspiré de votre expérience d’instituteur ?

En fait, les 4 premiers albums que j’ai publiés ne sont que des recueils de ma vie d’instituteur, de ma vie avec les élèves, mes collègues, les parents d’élèves, mon métier…

Et donc évidemment, c’était beaucoup mon inspiration. Maintenant que je ne suis plus à l’école, c’est plus tout à fait ça. Il y a l’actualité qui m’inspire pas mal, d’ailleurs dans les prochains jours va sortir un album qui compile mes dessins d’actualité des 2 dernières années. Et puis, il y aussi des dessins plus poétiques, le côté magique, et l’Amour…Mais la poésie était déjà dans mes autres dessins, même sur l’école...

Comment définiriez-vous votre style ?

J’ai un dessin qui est extrêmement simple, qui est très lisible. Et ça, je le dois à l’école car quand on dessine pour les enfants, on essaie de se faire comprendre au mieux et je pense que mes dessins  ont cette qualité-là. Quand j’ai démissionné de l’Education Nationale, je me suis dit que j’allais prendre quelques cours  pour étoffer ma technique. Mes collègues illustrateurs m’ont dissuadé de prendre des cours pour justement ne pas perdre ce trait…cette lisibilité. J’évite tout ce qui peut nuire à la communication. Parce qu’en fait, faire un dessin, c’est communiquer, c’est raconter, c’est dire. Donc s’il y a un doute, s’il y a trop de détails, peut-être même que s’il y a trop de technique, ça peut nuire.

Vous avez collaboré avec le RES dans le cadre de la campagne internationale « Les enseignants se mobilisent pour la couverture universelle » en décembre 2017… Pourquoi avez-vous accepté ce projet ?

Et bien il y a des projets qui m’intéressent... Forcément, tout ce qui est un petit peu autour de l’éducation, ça me parle plus et puis après il y a aussi d’autres propositions que je suis obligé d’accepter parce qu’est mon métier.

Un mot sur la santé des enseignants ?

 La santé des enseignants ? Tout le monde s’en fiche ! Moi, je n’ai fait aucune visite médicale de toute ma carrière d’instituteur en 28 ans…Quand on est instituteur, cela n’arrive jamais…Du coup, on est une profession qui prend soin de sa santé « tout seul » à quelque part... On fait tous attention à nos yeux, nos lunettes, on va chez le dentiste…Je pense qu’il n’y a pas que la santé physique chez l’enseignant, il y a aussi la santé morale et mentale, et plus à prendre en compte. Je pense qu’on est une des populations plutôt bien suivie en France. C’est parce qu’on est sensible à ça et parce qu’on est dans une catégorie professionnelle qui a les moyens de se soigner…que certaines personnes n’ont pas. Mais l’Education Nationale ne s’est jamais souciée de savoir si j’étais bien physiquement ou mentalement...

Quels sont vos futurs projets ?

Dans les prochains jours, va sortir un album qui compile mes dessins d’actualité publiés sur les réseaux sociaux ces 2 dernières années et en novembre 2018, va sortir un recueil sur l’Amour, fruit d’une collaboration avec 200 auteurs français et étrangers qui m’ont chacun donné leur définition de l’amour et que j’ai illustrée. Tout le monde a donné ses mots, ses phrases et toutes sont très différentes.  J’ai vraiment pris plaisir à illustrer les mots des autres qui me faisaient dessiner des choses que je n’aurais pas faites sur mes mots à moi…

Pour conclure, avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs ?

Dîtes aux enseignants que vous voyez, que vous fréquentez, de faire peu mais bien….C’est un collègue qui disait ça. On (les enseignants) est pris de plus en plus par la paperasse, les textes, par des choses qui ne sont pas utiles. Mais l’utile c’est de faire classe et de faire peu mais bien. On ne pourra jamais tout faire, c’est impossible. Survoler, c’est pas bien et il faut faire ce qu’on aime. Moi évidemment, mes élèves ils ont dessiné et fait plus d’art et de peinture que de raison…mais ils l’ont fait avec moi parce que je savais et que j’aimais le faire. Mes élèves ont fait beaucoup moins de sport que chez les autres parce que sport c’est un truc que j’aime pas vraiment enseigner, dans lequel je ne suis pas forcément doué donc il faut faire ce que l’on aime et puis il faut faire peu mais bien.

Merci Jack !

 

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